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Condamné pour injures raciales envers Linda Kebbab, Taha Bouhafs n’a toujours pas dédommagé la policière

By 30 octobre 2025Actualités

INFO LE FIGARO – Le journaliste militant n’a «aucun élément de solvabilité», selon les récentes conclusions d’un commissaire de justice.

Le journaliste militant Taha Bouhafs, ancien candidat aux élections législatives pour La France insoumise (LFI) en 2017, a-t-il organisé son insolvabilité ? Presque deux ans après avoir été définitivement condamné par la justice française pour injure publique à raison de l’origine envers la syndicaliste policière Linda Kebbab, le Franco-Algérien n’a toujours pas payé les sommes, environ 9000 euros, qu’il lui doit, a appris Le Figaro. Ces sommes recouvrent notamment les dommages et intérêts alloués en première instance et en appel, les frais d’avocats en première instance, en appel et en cassation ainsi que des frais d’huissier.

Selon les conclusions rendues mi-octobre par un commissaire de justice (autrefois appelé huissier de justice), mandaté par Linda Kebbab, Taha Bouhafs n’a «aucun élément de solvabilité malgré toutes les recherches effectuées». Aucune adresse, aucun employeur, aucun compte bancaire et aucun véhicule n’ont pu être trouvés en France. La partie civile a 10 ans pour recouvrer les sommes, en utilisant le «titre exécutoire» prononcé par la justice, si besoin en faisant appel à un commissaire de justice.

«Taha Bouhafs a été condamné pénalement et persiste à ne pas vouloir payer les sommes dues à Linda Kebbab au titre des dommages et intérêts. C’est donc Linda Kebbab qui doit supporter des centaines d’euros de frais d’huissier et c’est parfaitement scandaleux», réagit auprès du Figaro Me Louis Cailliez, avocat de Linda Kebbab. «Taha Bouhafs est un délinquant qui organise son insolvabilité en France parce qu’il méprise profondément les institutions police-justice de notre pays. Son attitude aura été indigne jusqu’au bout. Il peut fuir ses responsabilités judiciaires, mais qu’il sache que nous ne le lâcherons pas», poursuit le pénaliste.

«Taha Bouhafs fanfaronne sur les réseaux sociaux mais, sans grand courage, fuit face à ses responsabilités. Le réel judiciaire a rattrapé cet individu malgré des magistrats acquis à sa cause durant les débats au procès en appel», explique de son côté Linda Kebbab. Contacté, Taha Bouhafs n’a pas souhaité réagir.

Un long feuilleton judiciaire

Le feuilleton judiciaire entre Linda Kebbab et Taha Bouhafs remonte à juin 2020, au lendemain d’une manifestation interdite dénonçant les «violences policières» organisée à Paris à l’initiative de proches d’Adama Traoré, un jeune homme mort en 2016 dans des conditions controversées. Invitée sur France Info, Linda Kebbab, déléguée nationale du syndicat de police Unité SGP-FO, avait alors accusé Assa Traoré, la sœur d’Adama Traoré, de se «saisir» de la mort de George Floyd aux États-Unis pour faire valoir ses propres intérêts.

«Le fond du problème, c’est cette affaire, avec cette jeune fille, la sœur d’Adama Traoré, dont je comprends la colère et la souffrance d’avoir perdu son frère, qui se saisit d’une affaire américaine qui n’a absolument rien à voir, ni dans son histoire, ni dans son fond, ni dans sa technicité»avait déclaré Linda Kebbab. Dans un message posté le jour même sur Twitter, Taha Bouhafs avait commenté l’intervention médiatique de Linda Kebbab en la qualifiant d’«ADS : Arabe de Service», avant d’effacer son tweet. La policière avait déposé plainte dans la foulée.

En septembre 2021, Taha Bouhafs avait été reconnu coupable d’injures raciales par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir qualifié Linda Kebbab d’«arabe de service» sur le réseau social Twitter (devenu X). Le tribunal avait considéré que cette expression constituait «un propos outrageant et méprisant» envers Linda Kebbab et qu’en le tenant, Taha Bouhafs s’était volontairement fondé sur son origine pour l’assigner à une place peu valorisante voire dégradante. Il avait alors été condamné à payer une amende de 1500 euros et 2000 euros de dommages et intérêts à Linda Kebbab.

Le journaliste militant avait fait appel de la décision mais celle-ci avait été confirmée par la cour d’appel de Paris, qui l’avait condamné le 27 octobre 2022 à une amende de 1000 euros avec sursis, réduisant ainsi la peine initialement prononcée. Taha Bouhafs avait alors formé un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la cour d’appel de Paris mais la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français avait confirmé la condamnation en décembre 2023.

Investi par LFI aux élections législatives de 2022, Taha Bouhafs avait retiré sa candidature après le signalement de deux femmes l’accusant de violences sexuelles en mai 2022. Une des deux accusatrices avait retiré son témoignage en mars 2023 et Taha Bouhafs avait finalement été réintégré à LFI après une enquête interne trois mois plus tard.

Source : Le Figaro