Dans le Val-d’Oise, le policier soupçonné d’avoir blessé un adolescent au visage a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

By 6 octobre 2026octobre 16th, 2026Actualités

Eden, 14 ans, a été blessé par un tir de grenade lundi 28 septembre à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), lors du blocus au lycée Château d’Epluches.

Le policier soupçonné du tir de grenade qui a blessé au visage Eden, 14 ans, dans le Val-d’Oise fin septembre a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, rapporte le parquet de Pontoise, mardi 6 octobre. Le fonctionnaire a été mis en examen pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente ». Le policier a l’interdiction « d’exercer, de contact avec le public et de détention et de port d’arme ».

Eden a été blessé au visage lundi 28 septembre à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), lors du blocus au lycée Château d’Epluches. Selon son avocate, l’adolescent a été grièvement blessé à la tête « par le tir d’un lanceur de grenade lacrymogène ». L’adolescent souffre « d’une double fracture de la mâchoire, la totalité des dents du haut sont cassées et il lui manque quatre dents en bas », avait détaillé l’avocate dans un premier communiqué.

Deux enquêtes ouvertes

Selon le parquet de Pontoise, le 28 septembre dernier, vers 10h30, devant le lycée professionnel du Château d’Epluches, « alors qu’un groupe d’élèves manifestait », l’un d’eux a fait face à un groupe de policiers. Une fonctionnaire qui tentait de le repousser a fait usage de son bâton télescopique, ce à quoi le lycéen a répliqué « par un coup de pied au niveau de la cuisse », raconte le parquet. Un autre policier qui « portait un lance-grenade lacrymogène » a tiré « de façon horizontale vers le jeune homme, qui était debout face à lui, un projectile l’atteignant au visage et le faisant chuter ». Les secours sont ensuite intervenus. Une enquête a été ouverte, d’abord pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ».

Des investigations médico-légales ont été pratiquées. Le médecin légiste a précisé que « compte tenu de la prise en charge médicale actuellement en cours et de l’évolution clinique encore non stabilisée, il n’était pas possible à ce stade de se prononcer sur l’existence éventuelle de séquelles susceptibles de constituer une infirmité permanente ». L’ITT a donc été évaluée « sous réserve de complications » à 30 jours. Compte tenu de cette possible infirmité permanente, les faits ont été requalifiés en « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente », souligne le parquet.

D’abord placé en garde à vue lundi matin, le policier « auteur du tir » a affirmé lors de son audition « que face à la résistance du lycéen qui persistait à venir au contact de son groupe de policiers malgré leurs tentatives de le repousser, puis constatant que le lycéen avait décroché un coup de pied sur le haut de la jambe de sa collègue et avait tendu le bras au niveau du casque de celle-ci, et estimant qu’il n’avait qu’une fraction de seconde pour protéger l’intégrité de celle-ci et de son groupe, il avait décidé de faire usage du ‘Cougar’ [lance de grenade lacrymogène] en direction du lycéen ».

L’avocate du policier évoque un « ressenti légitime de danger »

Le parquet explique que face aux éléments déjà recueillis lors de l’enquête et « les conditions de la légitime défense invoquées n’étant pas réunies », il a décidé d’ouvrir une information judiciaire pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente ». Les investigations se poursuivent. « Les expertises médico-légale auront pour objet de faire préciser les conséquences des blessures et la qualification juridique qui devra être définitivement donnée aux faits ».

« Mon client a expliqué qu’il a utilisé ce moyen intermédiaire et non létal en raison du ressenti légitime de danger pour l’intégrité physique de sa collègue », réagit auprès de franceinfo l’avocate du policier, Pauline Ragot. « Il n’avait pas d’autre moyen à sa disposition à ce moment-là. » « Je rappelle qu’il a dû prendre cette décision en une fraction de seconde dans un contexte particulièrement dégradé. »

Fin septembre, le parquet de Pontoise avait indiqué qu’une enquête avait été ouverte, portant sur les faits de violences imputés au lycéen sur la policière juste avant le tir. Lundi, l’avocate de la famille, Elsa Marcel, avait indiqué qu’une plainte allait être déposée notamment pour « tentative d’homicide volontaire ». L’avocate indiquait alors qu’elle souhaite l’ouverture d’une information judiciaire dans cette affaire et le placement en garde à vue du policier.

Source : France Info

 

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Eden, un adolescent de 14 ans a eu une double fracture de la mâchoire après avoir été touché par un tir de lanceur de grenade lacrymogène lundi 28 septembre lors du blocus dy lycée de Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise.

Le policier, auteur du tir, a été mis en examen ce mardi 6 octobre, pour violences par personnes dépositaires de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente et placé sous contrôle judiciaire, comme l’indique un communiqué du tribunal judiciaire de Pontoise.

Parmi les conditions qu’il doit respectées, il a notamment interdiction d’exrcer son métier de policier sur la voie publique.

« Une fraction de seconde »

Lors de ses auditions, le policier a évoqué « la résistance du lycéen qui persistait à venir au contact de son groupe de policiers ». Il a aussi indiqué que l’adolescent « avait décroché un coup de pied sur le haut de la jambe de sa collègue et avait tendu le bras au niveau du casque de celle-ci ». « Estimant qu’il n’avait qu’une fraction de seconde pour protéger l’intégrité de celle-ci et de son groupe, il avait décidé de faire usage du cougar, en direction du lycéen », rapporte le communiqué.

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Auprès de RTL, son avocate, Me Pauline Ragot, explique que le policer a indiqué avoir « utilisé ce moyen intermédiaire et non létal en raison du ressenti légitime de danger pour l’intégrité physique de sa collègue ». « Si un débat se tiendra à l’instruction sur la proportionnalité, il n’avait pas d’autre moyen à sa disposition à ce moment-là. Je rappelle qu’il a du prendre cette décision en une fraction de seconde dans un contexte particulièrement dégradé. », a-t-elle ajouté.

« Une forme de soulagement »

Me Elsa Marcel, avocate de la famille d’Eden, explique à RTL : « Il y a la satisfaction de voir qu’il y a une enquête de nature criminelle pour des faits de nature criminelle qui est ouverte ». « Une forme de soulagement de savoir que ce monsieur dangereux ne sera pas aux abords d’autres blocus puisque c’était une préoccupation que les parents éveillaient énormément ».

Elle ajoute rester « convaincue », avec les parents d’Eden que quand on tire « dans le visage d’un adolescent à 1m50, c’est une tentative de meurtre et une tentative de meurtre aggravée puisqu’elle vise un mineur de moins de 15 ans ».

La mâchoire fracturée

La victime, Eden, a été touché par un tir lors d’un affrontement entre les forces de l’ordre et des lycéens. Pour le moment, il ne peut plus parler. Sa mâchoire est scellée, les dents du haut cassées, celles du bas arrachées. Il va devoir subir plusieurs opérations, comme l’ont expliqué ses parents au micro de RTL.

« Sa mâchoire est scellée, il y a juste de l’espace pour laisser passer une paille et actuellement il s’alimente uniquement de façon liquide. Voilà comment va mon fils aujourd’hui après s’être rendu à l’école de façon normale », a-t-elle indiqué la voix tremblante. « Il fait des crises d’angoisse, des crises de panique. Il ne comprend pas, il ne comprend pas. Il se réveille dans la nuit, il revoit la scène encore et encore, encore et encore », ajoute son père.

Le ministre de l’Intérieur interrogé mercredi à l’Assemblée sur la proportionnalité du maintien de l’ordre face aux lycéens

Depuis le début du mouvement lycéen, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie d’au moins onze enquêtes, selon le ministère de l’Intérieur et différents parquets, mais le cas d’Eden est l’un de ceux qui a eu le plus de retentissements depuis le début des contestations. L’adolescent a perdu plusieurs dents et souffre notamment d’une fracture de la mandibule qui a nécessité une intervention chirurgicale, selon les précisions apportées par le parquet.

Le ministres de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a défendu la « proportionnalité » des interventions policières, sera auditionné mercredi à l’Assemblée nationale sur le sujet.

Le procureur a rappelé mardi que « les faits de violences volontaires aggravées ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, qualification criminelle, sont punis d’une peine de 15 ans de réclusion criminelle ». D’autres mineurs ont été gravement blessés depuis une semaine, dont un lycéen de 15 ans qui a eu la main arrachée à Lens lundi matin et un adolescent de 16 ans éborgné à Tours mercredi dernier.

Source : RTL