« Sa mère est anéantie » : des suspects du meurtre de Shemseddine, 15 ans, relâchés en raison d’un vide législatif

By 15 juillet 2026Actualités

C’est l’incompréhension et la colère pour les proches de Shemseddine, 15 ans, tué en 2024 à Viry-Châtillon (Essonne). Deux des suspects, mineurs au moment des faits et mis en examen, ont été libérés en raison d’un vide juridique. Une nouvelle loi sur l’incarcération des mineurs n’a pas été votée à temps et une erreur de procédure a empêché leur maintien en détention.

C’est une sortie de prison qui choque. Deux jeunes mis en examen pour avoir tué Shemseddine, 15 ans, à Viry-Châtillon (Essonne) en 2024 et détenus dans l’attente de leur procès, ont été remis en liberté en raison d’un vide juridique. Ces adolescents d’un quartier voisin sont soupçonnés d’avoir battu à mort le collégien car ils ne voulaient pas qu’il échange avec leur sœur. 

La mère de la victime a réagi par la voix de son avocate. « Sa mère est anéantie, littéralement effondrée, elle ne dort plus. La Cour d’appel n’a même pas envisagé une mise sous bracelet électronique, par exemple, ou d’assortir ce contrôle judiciaire à minima d’une obligation de pointage ou une interdiction de contact avec les membres de la famille de Shemseddine », déplore Maître Pauline Ragot.

Une nouvelle loi sur l’incarcération des mineurs

Parmi les quatre accusés dans cette affaire, seuls les suspects âgés de 17 ans au moment des faits ont été libérés. Comment l’expliquer ? Il y a un an, le Conseil constitutionnel a demandé au gouvernement une nouvelle loi sur l’incarcération des mineurs avant le 1er juillet 2026. Problème, cette loi n’a pas été votée dans les temps. Il faut donc une ordonnance de maintien en détention pour les mineurs les plus dangereux, ce qui n’a pas été fait ici.

Le ministère de la Justice reconnaît une erreur de procédure du juge d’instruction. « C’est un loupé. Même s’ils sont présumés innocents, ce sont des faits des faits criminels extrêmement graves. Le juge n’a pas pris une ordonnance séparée et donc la Cour d’appel n’a pu que constater qu’il ne répondait pas aux exigences fixées par le Conseil constitutionnel et a donc dû libérer ces deux personnes », explique Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère.

Le vide juridique n’aurait profité qu’à ces deux accusés. Le Parlement a voté une nouvelle loi jeudi dernier pour mettre fin à cette situation exceptionnelle. Les assassins présumés de Shemseddine ne retourneront en prison que si le parquet général saisit la Cour de cassation.

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Source : TF1 

 

Mort de Shemseddine à Viry-Châtillon: sa mère dénonce un « abandon de l’État » après la remise en liberté de deux suspects

La nouvelle a eu l’effet d’un coup de massue. Deux jeunes hommes mis en examen dans l’affaire de la mort de Shemseddine, 15 ans, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 9 juillet en raison d’un vide juridique. Une double libération que la mère de la victime traduit par « un abandon de l’État », par la voix de son avocate Me Pauline Ragot, qui s’est exprimée ce dimanche 12 juillet dans les colonnes du Parisien.
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« Naufrage judiciaire » : pourquoi la libération de deux jeunes mis en examen pour avoir battu à mort Shemseddine est dénoncée par la famille de la victime ?

Les deux jeunes, mis en examen alors qu’ils étaient mineurs après le décès du collégien roué de coups à la sortie de son établissement scolaire de Viry-Châtillon en 2024, ont retrouvé la liberté en l’attente de leur procès. L’avocate de la famille de Shemseddine pointe du doigt des « fautes et failles procédurales ».

Plus de deux ans après la mort du Shemseddine, collégien battu à mort en 2024 à Viry-Châtillon, en Essonne, la famille de la victime pointe du doigt un vide juridique ayant conduit à la libération de deux jeunes mis en examen dans cette affaire. Les deux personnes concernées, mises en examen pour avoir tué l’adolescent de 15 ans, et détenues dans l’attente de leur procès, ont été remises en liberté, indique l’AFP de sources proches du dossier.

Les deux jeunes, mis en examen alors qu’ils étaient mineurs et qui sont désormais majeurs selon l’une de ces sources, ont retrouvé la liberté en l’attente de leur procès après une audience devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris vendredi.

Les faits remontent au mois d’avril 2024 : Shemseddine avait été roué de coups alors qu’il sortait de son collège par des adolescents d’un quartier voisin qui ne voulaient pas qu’il échange avec leur sœur. Le lendemain, le collégien de 15 ans était décédé à l’hôpital.

Sur les cinq personnes initialement mises en examen, notamment pour assassinat, seulement deux sont désormais poursuivies pour coups volontaires en réunion ayant entraîné la mort, indiquent les mêmes sources proches du dossier. Il s’agit des deux jeunes désormais remis en liberté.

« Une succession de fautes et failles procédurales »

« Cette décision est la résultante d’une succession de fautes et failles procédurales ayant conduit à un réel naufrage judiciaire« , dénonce Me Pauline Ragot, qui représente la mère de Shemseddine. L’avocate pointe du doigt un vide législatif empêchant, depuis le 1er juillet, le maintien en détention des mineurs accusés de crimes jusqu’à leur procès.

En juin 2025, le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition du Code de la justice pénale des mineurs mais avait laissé un an au législateur pour se mettre en conformité, ce qui n’a pas été fait. Dans le cadre du projet de loi sur la justice criminelle en cours d’examen à l’Assemblée, le gouvernement déposera un amendement « pour corriger cette inconstitutionnalité« , a fait savoir la Chancellerie, qui vise une adoption mi-juillet.

« Il va falloir expliquer à cette mère littéralement détruite que les individus qui ont tué son enfant dans des conditions barbares – et qui encourent pour cette raison de lourdes peines de réclusion criminelle – sont aujourd’hui libres en raison de failles procédurales« , estime de son côté l’avocate Me Pauline Ragot.

Source : France Info avec AFP

 

INFO EUROPE 1 – Mort de Shemseddine à Viry-Châtillon : sur fond de vide juridique, les deux derniers suspects incarcérés remis en liberté

Les deux derniers suspects incarcérés dans l’affaire Shemseddine, cet adolescent tué à Viry-Châtillon en 2024, ont été remis en liberté après une décision de la chambre de l’instruction de Paris. En cause : un vide juridique sur la détention des mineurs accusés devant une cour d’assises.

Selon les informations d’Europe 1, les deux meurtriers présumés de Shemseddine, cet adolescent de 15 ans tué à coups de pied et de poing à la sortie de son collège de Viry-Châtillon en 2024, sont sortis de prison. Ils ont été libérés jeudi, après que la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a examiné un recours contre l’ordonnance de mise en accusation. Le fond de l’affaire a été renvoyé à une date ultérieure. En revanche, les magistrats se sont penchés, sans que cela ne soit soulevé par les avocats de la défense, sur la légalité de la détention de ces deux suspects.

Les juges ont constaté qu’ils étaient détenus « sans titre », invoquant la décision du 29 juin 2025 du Conseil constitutionnel relative à la détention des mineurs accusés devant une cour d’assises. Dans cette décision, les Sages donnaient au gouvernement jusqu’au 1er juillet 2026 pour corriger la situation. Sauf que le gouvernement et le Parlement ne s’y sont pas pris à temps, plongeant des dizaines de dossiers criminels dans l’incertitude.

Gérald Darmanin et la Chancellerie évaluaient la semaine dernière que ce vide juridique ne concernait que quelques dizaines de dossiers seulement. Le gouvernement a fait voter le rétablissement de la mesure dans le projet de loi Justice criminelle et respect des victimes, qui a été adopté ce jeudi. « Ça devrait rentrer dans l’ordre dans les prochains jours », soutient une source à la Chancellerie.

Des vidéos de leur sortie « glorieuse »

Sauf qu’entre-temps, des mineurs accusés de crimes pourraient également être concernés par cette situation. Quelques heures après la sortie de détention des deux meurtriers présumés de Shemseddine, plusieurs vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux, montrant les deux mis en cause accueillis par leurs amis. Des scènes de liesse, quasiment glorieuses. Dans l’une d’entre elles, on entend un des amis des sortants de prison le glorifier de « la brute ». Puis ce commentaire : « la brute, je t’aime ».

« Force est de constater que ces vidéos démontrent leur absence de prise de conscience suite à la sauvagerie dont ils ont fait preuve il y a deux ans et sont également le marqueur du sentiment d’impunité totale dont jouissent malheureusement nombre de mineurs criminels ou délinquants aujourd’hui. Sentiment que l’attitude attentiste du gouvernement vient malheureusement alimenter« , a réagi auprès d’Europe 1 Me Pauline Ragot, l’avocate de la mère de la victime.

Aucune obligation de pointage

Selon les informations d’Europe 1, les deux accusés, majeurs aujourd’hui mais mineurs au moment des faits, qui contestent leur renvoi devant une cour d’assises, ont été placés sous contrôle judiciaire, sans obligation de pointage ni de bracelet électronique. Ils n’ont tout simplement pas le droit de se rendre dans le département de l’Essonne, d’entrer en contact avec les co-mis en examen ou de détenir une arme.

« Il va falloir expliquer à cette mère littéralement détruite que les individus qui ont tué son enfant dans des conditions barbares – et qui encourent pour cette raison de lourdes peines de réclusion criminelle – sont aujourd’hui libres en raison de failles procédurales !« , poursuit Me Ragot.

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