Périscolaire à Paris : une vingtaine de familles portent plainte contre la mairie pour «une décennie d’omerta» (Louis Cailliez)

By 11 octobre 2026octobre 16th, 2026Actualités

Une nouvelle plainte collective déposée dans le scandale du périscolaire à Paris, pour « combattre l’impunité de tous les responsables »

Me Louis Cailliez, avocat des 24 familles plaignantes dit viser « tous les responsables de l’administration qui ont permis à un animateur de commettre des méfaits, en étant déplacé d’une école à une autre, sans être suspendu ou signalé. »

Une nouvelle plainte collective sera déposée lundi 12 octobre auprès du parquet de Paris « pour combattre l’impunité de tous les responsables de l’administration » de la Ville de Paris dans les affaires de violences dans le périscolaire, explique dimanche sur franceinfo Louis Cailliez, avocat des plaignants. Ces 24 familles sont des parents d’enfants scolarisés en 2025 et 2026 à Paris, dans l’école Saint-Dominique (7e) et l’école Volontaires (15e).

L’objectif de cette plainte, consultée par franceinfo, est de « ne pas s’arrêter aux auteurs directs » mais de viser « tous les responsables de l’administration qui ont permis à un animateur de commettre des méfaits, en étant déplacé d’une école à une autre, sans être suspendu ou signalé », indique l’avocat des plaignants.

Cette plainte de 46 pages concernent « dix ans de fautes pénales ». Elle vise 14 personnes, dont la Ville de Paris, en tant que collectivité territoriale, l’ancienne maire de Paris Anne Hidalgo, son ancien premier adjoint devenu maire de la capitale Emmanuel Grégoire, ou encore Patrick Bloche adjoint à la petite enfance depuis 2017, pour mise en danger d’autrui, non-dénonciation de mauvais traitements ou agressions sexuelles sur mineurs, non-assistance à mineur en danger et témoignage mensonger sous serment. Cette dernière infraction concerne des propos d’Anne Hidalgo « devant la commission d’enquête du Sénat », précise sur franceinfo Louis Cailliez.

« Mes clients en veulent au haut de la chaîne » mais aussi « au milieu et au bas de la chaîne administrative, qui ont commis des fautes ». L’avocat de ces 24 familles évoque par exemple la responsabilité de la Dasco, la Direction des affaires scolaires de la Ville de Paris. « La succession de postes en responsabilité permet, en apparence, de diluer la responsabilité. Anne Hidalgo a notamment parlé de la faillite d’une institution au sens large pour éviter que des personnes soient identifiées », souligne Louis Cailliez. Pourtant, ajoute-t-il, « ce drame a été permis par une succession de fautes précises de personnes précises ».

Une première plainte collective en septembre dernier

Cette plainte collective n’est pas la première visant des responsables et des élus parisiens. En septembre dernier, plus de 15 familles, regroupées autour du mouvement « MeToo écoles », ont déposé plainte. Celle-ci visait notamment Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire. L’avocat de ces 15 familles dénonçait « un silence institutionnel mis en place par la mairie de Paris » qui, selon lui, est au courant « depuis au moins 2015 » de ce qu’il se passait dans certaines écoles de la capitale. Cette plainte visait notamment le délit de mise en danger délibérée de la vie d’autrui, accusation rejetée par Anne Hidalgo qui a avoué en septembre sur France Inter « des regrets » de ne pas avoir reçu les familles des victimes au printemps 2025. Selon l’entourage d’Emmanuel Grégoire, le nouveau maire de Paris se tient à disposition de la justice.

Aux plaintes de familles s’ajoutent des signalements adressés à la procureure de Paris au printemps dernier, par des élus de droite dont Rachida Dati et le groupe co-présidé par Sophia Chikirou de la France insoumise.

Selon les derniers chiffres de la mairie de Paris au mois de septembre, 195 animateurs ont été suspendus depuis le début de l’année 2026, dont 74 pour suspicions de violences sexuelles sur mineurs. D’un point de vue pénal, plus de 230 enquêtes sont en cours dans des écoles et crèches de Paris.

Source : France Info


RTL : « C‘est insoutenable » : nouvelle plainte d‘une vingtaine de familles visant la ville de Paris dans le scandale du périscolaire

Une vingtaine de familles vont déposer une nouvelle plainte contre la ville de Paris dans l’affaire des violences sexuelles dans le périscolaire. Elles dénoncent des manquements qui auraient pu permettre d’éviter des agressions dans des écoles parisiennes.

Une nouvelle plainte collective visant la ville de Paris va être déposée lundi 12 octobre auprès du parquet de Paris pour nourrir l’enquête sur les fautes ou manquements qui ont pu conduire au scandale des violences sexuelles dans le périscolaire.

Une vingtaine de familles associées à cette plainte sont des parents d’enfants de maternelle qui fréquentaient le périscolaire dans les écoles Saint-Dominique (VIIe) et Volontaires (XVe) en 2025 et 2026. Leurs enfants ont été soit victimes d’animateurs périscolaires actuellement mis en examen pour viols et agressions dans l’instruction déjà ouverte concernant l’école Saint-Dominique, soit exposés au risque représenté par ces personnes.

« Il a fallu étudier une décennie entière de successions sidérantes de fautes pénales au sein de la ville de Paris pour aboutir in fine à cette plainte qui liste 14 personnes dans une chaîne hiérarchique avec différents échelons », explique leur avocat Me Louis Cailliez au micro de RTL.

195 animateurs suspendus

« Ces écoles ont connu des faits d’agressions sexuelles et de viols qui sont au stade aujourd’hui d’une mise en examen de deux animateurs placés en détention provisoire », précise Me Louis Cailliez. Et de pointer : « L’un de ces animateurs est passé d’une école à une autre sans être suspendu, ni signalé, ni faire l’objet d’une quelconque enquête administrative, alors qu’il était déjà connu pour des faits de maltraitance dans la première école ». 

« C’est insoutenable pour mes clients, puisque si la mairie et les personnes que nous avons listées dans cette plainte avaient agi de manière responsable, des viols d’enfants auraient pu être évités », regrette l’avocat. 

Cette plainte a vocation à rejoindre l’enquête déjà ouverte, évoquée par la procureure de Paris Laure Beccuau début septembre et visant l’actuel maire PS de Paris Emmanuel Grégoire et sa prédécesseure Anne Hidalgo. D’autres plaintes collectives ont déjà alimenté les investigations. À Paris, 195 animateurs du périscolaire ont été suspendus, dont 74 pour suspicions de violences sexuelles sur mineurs, depuis le début de l’année 2026. Sur le volet pénal, plus de 230 enquêtes sont en cours dans les écoles et crèches de la capitale.

Source : RTL

Périscolaire à Paris : une vingtaine de familles portent plainte contre la mairie pour «une décennie d’omerta»

Une vingtaine de familles d’enfants de maternelle doivent déposer ce lundi 12 octobre une plainte collective auprès du parquet de Paris contre la Ville de Paris et treize de ses responsables ou anciens responsables, dont le maire PS Emmanuel Grégoire et sa prédécesseure Anne Hidalgo, a appris Le Figaro auprès de leur conseil, Me Louis Cailliez. Elles les accusent d’avoir ignoré pendant plus de dix ans les alertes sur les violences dans le périscolaire, jusqu’aux viols présumés commis dans deux écoles des 7e et 15e arrondissements de Paris.

Les plaignants sont des parents d’élèves des écoles maternelles Saint-Dominique (7e) et Volontaires (15e), dont les enfants fréquentaient le périscolaire en 2025 et 2026. Leurs enfants ont soit été victimes d’animateurs mis en examen pour viols et agressions sexuelles, soit été exposés à ce risque. Révélée samedi par La Tribune Dimanche, la plainte de 46 pages, que  Le Figaro a pu consulter, vise les délits de mise en danger d’autrui, de non-dénonciation de mauvais traitements ou d’agressions sexuelles sur mineurs, de non-assistance à mineur en danger, et de faux témoignage sous serment.

Outre Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo, la plainte vise également Patrick Bloche, adjoint chargé de l’éducation depuis 2017, puis premier adjoint, ainsi que plusieurs membres de leurs cabinets et des responsables de la direction des affaires scolaires (Dasco) et de la circonscription des 7e et 15e arrondissements. Si elle se concentre sur ces deux écoles, la plainte entend identifier les fautes commises «à chaque maillon de la chaîne hiérarchique de la Ville de Paris». Elle doit rejoindre l’enquête ouverte par le parquet, annoncée le 10 septembre par la procureure de la République, Laure Beccuau. «Cette plainte répond à un besoin vital des familles de comprendre la succession sidérante de fautes graves commises par l’administration pendant une décennie… jusqu’à l’irréparable», déclare au Figaro leur avocat, Me Louis Cailliez.

«On lui redonne une chance»

Au centre de la plainte figure le parcours d’un animateur de l’école Saint-Dominique, aujourd’hui mis en examen pour viols et placé en détention provisoire. Selon le document, des parents ont alerté la ville dès septembre 2025 sur son comportement à l’égard d’enfants de petite section : «humiliations, privations de nourriture ou de récréation, interdiction de parler, obligations de rester debout, extinction des lumières, hurlements et punitions».

Selon la plainte, l’animateur n’a fait l’objet «ni d’une suspension, ni d’un signalement, ni d’une enquête administrative». Il a cependant été muté le 15 décembre 2025 à l’école Volontaires, sans que la directrice, le responsable du périscolaire ni les parents soient informés des raisons de son arrivée. À Saint-Dominique, les familles se seraient vues expliquer qu’il était «en arrêt maladie». Entre le 15 décembre et le 2 février, l’animateur aurait commis des viols et agressions sexuelles sur deux enfants de l’école Volontaires.

Dans le compte rendu officiel d’une réunion de crise tenue le 11 février 2026, joint à la plainte, la ville justifiait ce départ par la prolongation de la période de stage de l’animateur, alors en voie de titularisation : «la procédure veut que dans ce cas-là, le stagiaire soit changé de terrain de stage». Lors de cette réunion, la directrice des affaires scolaires aurait déclaré «lui redonner une chance (…) on le remet à l’épreuve dans un autre cadre», selon un enregistrement audio cité également par la plainte. Le 18 mars, cette dernière aurait fini par admettre «qu’il n’existait tout simplement pas de procédure de déplacement», tandis que son adjoint aurait reconnu : «oui on aurait sans doute dû faire un signalement, mais on nous dit qu’on fait trop de signalements».

Avant même cette mutation, l’école Saint-Dominique avait connu un premier cas. En mai 2025, le responsable de l’équipe périscolaire avait été suspendu après une plainte pour agression sexuelle. Les parents se seraient pourtant vus expliquer qu’il était «simplement en arrêt maladie», et les parents élus auraient été priés de «ne pas ébruiter l’affaire». La ville lui aurait même confié la direction du centre de loisirs de l’école en août 2025.

Des alertes ignorées depuis 2015

Selon les familles, la ville connaissait le danger depuis plus de dix ans. En juin 2015, un rapport de l’Inspection générale de la Ville de Paris formulait 50 recommandations, dont le signalement systématique à la justice et la suspension immédiate de tout agent mis en cause. D’après la plainte, «quasiment aucune» n’a été appliquée avant 2026. Une «mission flash» commandée par Anne Hidalgo «dans le plus grand secret» en décembre 2025 aurait conclu qu’«à peine une vingtaine» de recommandations avaient été prises en compte. Selon des chiffres présentés par Emmanuel Grégoire en septembre dernier devant le Conseil de Paris, la Ville a effectué sept signalements à la justice en 2021, contre 159 en 2026.

Patrick Bloche est, par ailleurs, accusé d’avoir visionné dès décembre 2025 les images tournées en caméra cachée à Saint-Dominique par l’émission Cash Investigation, puis d’avoir laissé passer plusieurs semaines, jusqu’à leur diffusion le 29 janvier 2026, «sans procéder à la moindre dénonciation, ni enquête administrative, ni suspension d’animateurs ni signalement à la justice».

Devant la commission d’enquête du Sénat, le 15 septembre dernier, Anne Hidalgo avait affirmé avoir confié en 2020 le suivi du rapport de 2015 à son adjointe Dominique Versini. Le 29 septembre, celle-ci l’a démentie sous serment : «la maire de Paris ne m’a jamais confié la responsabilité politique du suivi des recommandations faites par l’inspection générale du rapport de 2015». Emmanuel Grégoire a lui engagé un plan d’action de 20 millions d’euros contre des dérives qu’il juge «systémiques», et son entourage assurait en septembre que «la Ville et ses services se (tenaient) à disposition» de la justice. L’avocat d’Anne Hidalgo, Me Patrick Klugman, avait, lui, récusé qu’une «quelconque infraction» puisse être reprochée à sa cliente.

À Paris, 195 animateurs du périscolaire ont été suspendus, dont 74 pour suspicions de violences sexuelles sur mineurs, depuis le début de l’année 2026. Sur le volet pénal, plus de 230 enquêtes sont en cours dans les écoles et crèches de la capitale.

Source : Le Figaro


Le JDD – Scandale du périscolaire : nouvelle plainte contre des responsables parisiens

JUSTICE. Des familles attaquent pour mise en danger d’autrui, non-dénonciation de violences sexuelles sur mineurs, non-assistance à mineur en danger et témoignage mensonger sous serment.

Scandale du périscolaire : les explications fournies par Anne Hidalgo sont contestées par les plaignants.
Scandale du périscolaire : les explications fournies par Anne Hidalgo sont contestées par les plaignants. © Public Sénat

Le dossier judiciaire du périscolaire parisien continue de s’étoffer. Une nouvelle plainte, portée par une vingtaine de familles d’enfants scolarisés en 2025 et 2026 à Saint-Dominique (Paris 7e) et Volontaires (Paris 15e), sera déposée demain, lundi, par maître Louis Cailliez, soutenu par le collectif Justitia de l’Institut Thomas More. Elle vise à identifier « les fautes pénales commises à chaque maillon de la chaîne hiérarchique de la Ville de Paris ». Sont notamment mis en cause des élus parisiens et plusieurs cadres de la Dasco, la Direction des affaires scolaires de la Ville.

Dès 2015, l’Inspection générale de la Ville avait pointé un traitement « assez empirique » des soupçons de violences sexuelles : signalements non systématiques au parquet, suspensions aléatoires, défaut d’enquêtes administratives, mauvaise traçabilité des agents et formation insuffisante. Cinquante recommandations avaient été formulées. Un an plus tard, une mission du Conseil de Paris avait de nouveau alerté sur les mêmes failles.

Selon les plaignants, la Ville ne pouvait donc plus ignorer ces risques. Ils reprochent à Anne Hidalgo de ne pas avoir fait appliquer ces mesures, à son successeur d’avoir laissé perdurer ces carences malgré un premier plan d’action signé en 2015, et à Patrick Bloche d’avoir laissé subsister une organisation dans laquelle des animateurs mis en cause pouvaient être déplacés plutôt que systématiquement signalés et suspendus. L’actuel maire de Paris a lui-même reconnu en 2026 des « manquements graves », des « procédures mal appliquées » et « une sorte d’omerta systémique ».

Les plaignants demandent désormais à la justice de déterminer si ces manquements peuvent relever de la mise en danger d’autrui, de la non-dénonciation de faits commis sur des mineurs ou de la non-assistance à personne en danger.

Certaines déclarations citées dans le dossier ont nourri ces accusations. Dès 2022, Éric Laurier, alors directeur adjoint de la Dasco, avait ainsi assumé la logique de déplacement : « Effectivement, il nous arrive de déplacer des agents, de sanctionner et de déplacer un agent. Et des fois, le déplacement est une sanction… »

L’un des nombreux faits recensés dans le dossier illustre particulièrement les dysfonctionnements dénoncés par les familles. À partir de septembre 2025, plusieurs parents ont alerté la Ville sur le comportement d’un animateur de l’école Saint-Dominique, accusé de cris, d’humiliations, de privations et de violences envers des enfants de petite section. Pourtant, selon le dossier, il n’a été ni suspendu, ni signalé au parquet, ni visé par une enquête administrative. Après un simple « recadrage », la Ville a décidé de le déplacer, le 15 décembre, vers l’école Volontaires, dans le 15e arrondissement.

Ni la directrice de l’école ni le responsable du périscolaire n’ont été informés des raisons de cette arrivée en plein milieu d’année. La directrice de la Dasco a ensuite reconnu la logique suivie : « On lui redonne une chance, mais on le remet à l’épreuve dans un autre cadre. » Cette « seconde chance » a pris une tournure dramatique. Entre son arrivée à Volontaires et le début du mois de février 2026, deux familles ont déposé plainte pour des viols et agressions sexuelles qui auraient été commis sur leurs enfants de petite section. L’animateur a ensuite été mis en examen et placé en détention provisoire dans le cadre d’une information judiciaire portant sur des faits commis à Saint-Dominique et à Volontaires.

Après l’éclatement du scandale, les explications de la Dasco ont encore alimenté les interrogations. Lors d’une réunion en mars 2026, interrogé sur l’absence de signalement des accusations visant cet animateur à Saint-Dominique, son directeur adjoint a reconnu : « Oui, on aurait sans doute dû faire un signalement là, mais on nous dit qu’on fait trop de signalements. »

Les explications fournies depuis par Anne Hidalgo sont elles aussi contestées. Le recours l’accuse d’avoir menti sous serment devant le Sénat : elle avait affirmé avoir confié à Dominique Versini le suivi des recommandations de 2015, ce que cette dernière a formellement démenti. Sa version, selon laquelle l’administration aurait décidé seule de ne pas effectuer certains signalements, est aussi contestée.

Pour Me Cailliez, « cette plainte répond à un besoin vital des familles de comprendre la succession sidérante de fautes graves commises par l’administration pendant une décennie… jusqu’à l’irréparable. La reconnaissance par l’ancienne maire de Paris de la faillite de l’institution ne doit pas permettre l’impunité d’un certain nombre de personnes physiques bien précises qui ont fauté, et qui doivent en répondre pénalement. Ce combat judiciaire sera long, mais notre détermination est totale : on ne parle pas d’une impéritie sans conséquence, mais de viols de tout petits enfants qui auraient dû être évités. »

Source : Le JDD

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